Actualités
Une petite video de #Toulouse pour découvrir ce qui va se passer dans quelques mois à Notre Dame de la Daurade ... L'architecte Axel LETELLIER nous présente le projet de rénovation de cette Basilique.
Le Départ d'un GRAND homme...
La Daurade voudrait remercier un grand paroissiens:
Serviteur Pierre! Pour ta présence discrète, disponible fidèle les Dauradiens que tu connais, de tout coeur te disent : MERCI !!
Pendant près de 40 ans tu as oeuvré pour cette paroisse, que tu connais fortement bien et dont tu as donné envi à certains de s'investir...
Pierre un grand, un immense et fraternel MERCI..

Remerciements de Pierre Stortti avec le père Michel Dagras
Laurent BALAS
Installation comme Curé des Minimes le 5 février 2017
Laurent est un fils de la Daurade, vocation née dans notre communauté. Il a rejoint les Pères Blancs et revient à Toulouse comme curé des Minimes. Sa profession de foi fait chaud au coeur des croyants.
Laurent Balas

JE CROIS
Je crois en Dieu le Père Tout Puissant,
Le Père Plein de tendresse, le Dieu miséricordieux, de qui vient tout réconfort.
Il a créé l'univers par sa Parole ;
Par sa Parole il a fait l'homme, à Son image,
Homme et femme, il les créa avec amour,
Libres, intelligents et créatifs, pour qu'ils participent à la création.
Au long de l'histoire Sainte, Dieu s'est révélé patiemment à l'humanité;
Il a tellement aimé cette terre, qu'il a envoyé son Fils Unique pour nous sauver.
Je crois en Jésus Christ, le Fils bien aimé du Père,
Qui est Seigneur et qui donne la Vie.
Il est le Verbe fait chair, envoyé par le Père :
Il a planté sa tente en nous, Il demeure en nous.
Il est né de Marie par l'Esprit Saint,
Et a grandi au milieu de son peuple,
Homme au milieu des hommes.
Il est l'ami des pauvres et des petits,
Il est le médecin des âmes et des corps: Il est le visage miséricordieux du Père.
Il a les Paroles de la vie éternelle, et nous allons à lui,
Car il est le Chemin, la Vérité, la Vie :
Il est l'Alpha et l'Oméga de notre histoire.
Par sa mort sur la croix sous Ponce Pilate,
Il donne sens à nos souffrances et à notre mort ;
Par sa résurrection d'entre les morts le troisième jour,
Il donne sens à notre vie.
Il est l'Espérance du monde : il est le Seigneur ;
Dans notre vie comme dans notre mort, nous lui appartenons.
Je crois en l'Esprit Saint, Esprit du Père, Esprit de Jésus Christ,
Qui demeure auprès de nous, qui est en nous ;
Il est vivant dans les Ecritures, il agit au cœur du monde et de l'Eglise,
Afin que notre vie ne soit plus à nous-mêmes, mais au Seigneur.
Il est notre paix et notre vie ; il est la joie de notre cœur.
Je crois en l'Eglise, une et diverse,
Sainte et pécheresse, qui aime pardonner et s'abstient de juger.
Riche de l'Evangile et de la tradition venue des apôtres,
L'Eglise famille de Dieu est fraternelle, accueillante, prophétique et missionnaire ;
Eglise de Jésus, heureuse de servir le Père en servant l'humanité en marche.
Je reconnais un seul baptême pour le pardon des pêchés ;
J'attends de rencontrer Jésus un jour face à face,
Pour vivre ressuscité dans son amitié et dans l'intimité du Père
Pour la Vie éternelle. Amen.
P. Laurent Balas, 5 02 2017
Synode sur la famille
Invitation à participer

Projet de la communauté de la Daurade
Suite du synode sur la famille.
VENEZ ET VOYEZ. Ici à la Daurade,où nous sommes prêts à nous accueillir et à nous écouter quels que soient nos projets, notre vécu, nos attentes, nos accords et nos désaccords avec l'Église.
Dans le cadre du synode sur la famille, initié par le pape François, depuis trois ans un groupe de réflexion s'est engagé déjà dans un climat d'écoute et de confiance. C'est ce climat que nous voudrions instaurer dans un groupe plus élargi et dans lequel, ensemble, nous pourrions cheminer vers un mieux-être personnel, un apaisement, une recherche, une reconstruction, toutes les étapes qui font de nos vies des vies riches, humaines et chrétiennes.
PAROLE, PARTAGE ET REFLEXION sont nos maitres mots mais, même si nous pensons ne pas avoir grand-chose à dire, à partager, nous sommes là aussi pour ECOUTER.
Vous les jeunes qui réfléchissez à un engagement à deux, vous les jeunes mariés qui souhaitez être soutenus dans cet engagement avec un autre regard sur l'éducation de vos enfants, vous, ceux et celles nombreux qui vivez la séparation et le divorce, vous qui avez recomposé une famille : VENEZ ET VOYEZ !
NOUS AVONS TOUS BESOIN LES UNS DES AUTRES .
Prochaine rencontre le 23 avril 2017, le jour du vote des présidentielles, à 10 h salle de réunion
A propos de la rotation des prêtres
A PROPOS DE LA LETTRE DU CURE DE LA CATHEDRALE
SUR LA ROTATION DES PRETRES REFERENTS
(La Daurade, 26 mars 2017)
Amis
Vous êtes une communauté vivante.
Si l'assemblée dominicale en constitue, autour de l'eucharistie, le cœur, elle ne suffit pas à représenter ce que vous êtes. Divers groupes de réflexion, le dimanche et en semaine en témoignent. Mais aussi l'amitié qui nous lie, depuis des années et qui touche celles et ceux qui, fraternellement accueillis, se joignent à nous.
Vous êtes une communauté responsable.
Le souffle de Vatican II s'est maintenu ici malgré vents et marées. Votre étonnement et vos questions actuelles sont de ce fait tout à fait légitimes quand vous vous trouvez devant le fait accompli de décisions pour lesquelles vous n'avez pas été consultés. Ces méthodes bafouent la dignité et la responsabilité des laïcs si vivement rappelées par le Concile. Aujourd'hui une équipe pastorale vous représente. Non pas pour prendre des décisions mais pour être un reflet authentique de ce que vous êtes, de ce que vous vive et réalisez dans votre diversité et dans votre unité. Vous avez le devoir de veiller à la qualité de cette représentation afin de ne pas tomber dans l'infortune d'exécutants passifs.
Vous êtes une communauté éprouvée.
Vous (et moi avec vous) avons traversé de nombreuses vicissitudes. Certaines vous ont un temps affaiblis, perturbés... peut être désorientés. Mais la grâce communautaire a permis de surmonter ces épreuves. Vous avez toujours fini par retrouver le dynamisme de la foi, de l'espérance et de l'amour. S'ensuit entre nous tous un esprit d'amitié communautaire et une tradition de solidarité missionnaire à laquelle sont invités à participer celles et ceux qui, sensibles à ces qualités nous rejoignent. Vous les accueillez avec joie
Aujourd'hui, avec la lettre que vous avez reçue, une nouvelle épreuve se présente
Je ne saurais me positionner autrement que comme serviteur, dans l'Église, d'une communauté à considérer comme sacrée, car elle est une portion du Corps ecclésial du Christ. Le pouvoir ne m'intéresse pas du tout. Vous le savez. Par contre le souci d'avancer avec vous sur les chemins de l'évangile me passionne, au double sens d'épreuve et d'amour. Je fais avec vous partie d'une communauté que j'aime, qui m'aime, mais qui ne m'appartiens pas.
Je vous invite à avoir de la classe, à dépasser les petitesses de comportements qui parfois égratignent, à conserver vivant, en tout état de cause, un esprit missionnaire qui nous pousse aux périphéries et hors duquel nous serions proprement dénaturés, selon l'affirmation du concile. Tenez-vous debout mais dans l'humilité, toujours ouverts à l'accueil mutuel, pas moutons mais responsables, critiques mais positifs, fidèles dans la prière, joyeux malgré l'adversité, bref ... chrétiens. Que Notre Dame nous guide sur ces chemins d'Évangile !
Sachez accueillir les prêtres comme des serviteurs appliqués à prendre au sérieux ce que vous êtes, ce que vous pensez, ce que vous faites ... et sachez nous rappeler, pour notre bien autant que pour le vôtre cette condition profonde enracinée par le Christ dans le Lavement des pieds.
Ceci n'est pas un testament : je suis encore avec vous, avec grande joie, tant que Dieu le voudra !
Michel
Restauration basilique Notre Dame la Daurade
Quelques repères fondamentaux
René SOURIAC
Restauration basilique Notre-Dame la Daurade
Quelques repères fondamentaux
René Souriac
- Bâtiments construits pour le culte et particulièrement pour la célébration de l'Eucharistie, les églises ont connu dans l'histoire des formes diverses mais dont l'espace est organisé en fonction du sens profond que chaque époque a voulu donner au culte et à la place des hommes, prêtres et laïcs, dans les célébrations.
- L'origine du plan des églises chrétiennes remonte à l'Antiquité païenne qui séparait le sanctuaire, élément le plus sacré, domaine exclusif des prêtres, des autres parties ou les laïcs avaient le droit de se situer.
- Dans les églises chrétiennes, le sanctuaire a pris le nom de chœur. Au XVIIe siècle dans nos églises actuelles, le chœur avait la dénomination de « presbytère » pour bien marquer que c'était le domaine non pas exclusif mais privilégié des prêtres. La disposition ordinaire de ce chœur qu'on voit partout encore est la construction d'un grand autel de célébration, généralement à son extrémité, où le prêtre célébrait dos aux fidèles. Généralement aussi ce chœur était séparé du reste de l'église par une clôture dénommée sainte table puisque c'était là que les prêtres venaient distribuer la communion aux fidèles.
- Vatican II, référence actuelle de la vie de l'Eglise, est fortement marqué par son souci de préciser et de valoriser l'unité du « peuple de Dieu » formé des clercs et des laïcs. Le concile a innové dans beaucoup de domaines, particulièrement celui des célébrations liturgiques par de nombreuses orientations tout à fait nouvelles : célébrant disant la messe face aux fidèles, plus grande participation des laïcs dans la messe elle-même (lectures, prière universelle...), communion sous les deux espèces et dans la main pour l'hostie...
Très vite après la clôture du concile, la Daurade a opté pour les nouveautés liturgiques autorisées, les prêtres et les laïcs y découvrant un approfondissement puissant de la participation de tous aux cérémonies du culte, et donc un aliment fondamental pour la foi de tous dans un esprit de communauté.
Il en est résulté l'organisation actuelle de la basilique de la Daurade avec son large podium central à la croisée du transept, favorable à la participation de tous aux cérémonies, dans une vaste église où désormais les fidèles, dans la nef et les bas-côtés, peuvent être plus fortement impliqués dans le vécu des célébrations. La célébration de l'Eucharistie au grand autel du chœur a donc été abandonnée dès les années 70.
Une église est fondamentalement un lieu de culte ; mais de tous temps les chrétiens ont voulu que ce lieu soit le plus beau possible, à la louange du Seigneur et pour l'édification des fidèles. La basilique de la Daurade est un édifice magnifique par son plan et son décor : tout cela mérite restauration d'autant qu'il s'agit d'un sanctuaire marial de la plus haute antiquité et de l'église reconnue traditionnellement comme celle de la ville et du peuple de Toulouse. ( la cathédrale était l'église de l'évêque, Saint-Sernin, le sanctuaire des chanoines qui desservaient le culte de saint Saturnin).
D'où, par rapport à l'aide et à l'éclairage qu'il faut donner à la municipalité actuelle dans son souhait de restaurer la basilique, la nécessité de rappeler à cet effet que c'était l'église la plus importante pour le peuple de Toulouse, et de souhaiter que la configuration actuelle de la célébration eucharistique soit maintenue, avec un grand podium à la croisée du transept.
En résumé
1 - un sanctuaire marial antique.
2 - de tous temps, l'église de la ville de Toulouse, du peuple de Toulouse.
3 - une église réorganisée dans son dispositif liturgique en fonction des orientations du concile Vatican II, dispositif à respecter.
A propos de l'Eucharistie
Groupe Informel Daurade Avril 2017

Préalables
Les célébrations eucharistiques demandent à retrouver leur place centrale et leur sens profond au cœur de la foi chrétienne.
Des surcharges accumulées au cours des siècles, régulièrement retirées par les réformes liturgiques, reviennent malgré tout, sous forme de nouveaux apports rituels accessoires et indus. Ils font écran détournent du sens premier de la célébration. L'eucharistie est comme victime d'une cellulite rituelle.
Retour aux fondamentaux.
Séparation, Alliance, Communion ... une situation spécifique du sacré selon l'Évangile.
Le mystère chrétien repose sur la foi en l'Alliance.
Scellée aux premiers âges de la Révélation par la célébration de sacrifices sanglants, continuée avec le remplacement des victimes animales par des actions humaines, elle finit par s'établir au plus intime de l'homme (« Mon sacrifice c'est un coeur brisé »- Ps.50,19).
Le mystère de l'alliance progresse jusqu'à son accomplissement ultime et définitif dans le Christ.
S'ensuit une suppression de la distance soutenue par toutes les religions entre Dieu et les hommes au profit d'une intense communion entre eux. En « Dieu-fait-homme », l' Emmanuel (Dieu-avec-nous) la distance disparaît pour laisser place à la communion. En elle le sacré propre au divin se trouve pourtant entièrement respecté : la communion dont il s'agit, si intime soit-elle, s'effectue sans confusion. Elle s'exprime analogiquement dans la prière du prêtre quand il ajoute une goutte d'eau dans le calice : « Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l'Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité ».
Le voile du temple déchiré de haut en bas (Cf. Mt. 27,51) porte le même message : la manifestation de la présence de Dieu ne se limite plus au« Saint des saints » dont l'accès était réservé une fois l'an au seul Grand-Prêtre. Sa présence se trouve désormais, grâce au Christ, au milieu des hommes, au point de présenter le Jugement dernier à la lumière de cette foi (Cf. Mt.25). Et de provoquer ce cri de Paul : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi » (Gal.2,20), relayé par St Augustin reconnaissant le Seigneur « Plus intime à moi-même que moi-même ».
La foi en la transcendance profondément inscrite dans l'immanence se trouve alors contrariée chaque fois que, sous prétexte de respect du sacré, on en vient à réserver des espaces ou des lieux, inaccessibles au profane, redonnant ainsi des droits à une « religion » de la séparation abolie par le Christ.
Pédagogie de la Révélation
L'eucharistie est célébrée par le Christ à la fin de sa mission (Quand il eût achevé tous ces discours . Mt.26,1).
En amont de cette institution se sont déroulés 3 ans de vie publique et 30 de vie cachée. Et plus en avant encore s'étend le long cours d'une Histoire « sainte » jalonnée d'ouvertures et d'approfondissements. L'épisode emblématique d'Emmaüs restitue cette progression en ménageant les étales d'un chemin qui conduit de la proximité humaine respectueuse à la communion de la fraction du pain, en passant par la phase de l'explication des Écritures.
La messe, célébration de la geste pascale, est structurée de même pour offrir aux fidèles de parcourir ce chemin essentiel : tout commence, avec la célébration pénitentielle, par une réconciliation avec Dieu et avec les frères (une libération qui renvoie à celle de la sortie d'Égypte) ; puis la Parole proclamée et commentée, en respectant la pédagogie de l'Ancien au Nouveau Testament (pour éclairer la marche vers Dieu, propre à l'Exode), conduit à l'Alliance parfaite de la Consécration (accomplissement de l'Alliance du Sinaï), pour finir dans la Terre Promise de l'intime être-avec-Dieu propre à la communion.
Ce schéma pascal et la place sommitale qui en découle pour l'eucharistie ne semble pas aujourd'hui clairement perçu. L'Évangile ne commence pas par l'institution de l'eucharistie. Elle est au point d'arrivée, pas de départ. Ne faudrait-il pas alors innover en envisageant pour l'accès à l'eucharistie un accompagnement comparable à celui, si nécessaire, dont on souhaite la difficile mais nécessaire mise en place pour le mariage ? Afin de retrouver l'eucharistie non comme une célébration à tout faire mais comme la Source et sommet (tant) de la vie chrétienne (que) de l'évangalisation
L'Eucharistie, creuset de la foi chrétienne
L'Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l'Église : la communauté avec la diversité parfois si contrastée de ses membres (comme le fut le groupe des Apôtres), le ministère pastoral, le pardon des péchés, les Écritures, la Présence réelle du Christ, la communion ... Au point d'être célébrée par Jésus comme au-dessus du temps : l'événement qu'elle contient (Passion, mort et résurrection du Christ) n'ayant pas encore eu historiquement lieu alors qu'il se tient avec toute sa consistance au cœur de la célébration.
Des questions en cours et à suivre
- La place du prêtre dans la célébration, à la lumière de Vatican II.
- La relation interpersonnelle du je et du tu alors que le Christ est aussi présent pour les autres.
- Éclaircissements sur le Christ prêtre victime et sacrifice.
- Le risque de la banalisation de la communion par manque discernement du Corps et du Sang du Christ.
- Situation du baiser de paix
Une proposition pour notre communauté
Faire des commentaires explicatifs au cours des célébrations du dimanche
A propos de l'Eucharistie suite
Prêtre accompagnateur Michel Dagras
- Groupe Informel Daurade mai 2017
Préalables
Nous nous rappelons la liste des demandes de précision de termes et de questions posées au cours de la rencontre précédente :
- Sacrifice
- Distance et communion intime
- Structuration pascale de l'eucharistie
- Spécificité de l'eucharistie vs célébration à tout faire
- Trans temporalité de l'eucharistie.
- Le « je » et le « nous »
- Prêtre, victime, sacrifice.
- Banalisation de la communion
- Baiser de paix
- Tabernacle
- Quid de la « cellulite rituelle » ?
Donc, du pain sur la planche !
A propos du langage utilisé dans les célébrations.
Pour faire court, considérons le langage comme le support utilisé pour transmettre des informations, des idées, des sentiments ...
Il existe plusieurs types de ces supports :
- La langue, langage conventionnel
Par convention, tacitement collective, on attribue un sens à des signes , écrits ou oraux.
ARBRE, TREE, BAUM (écrits ou prononcés), désignent ainsi le même type de végétal.
Qui ne connaît pas le code de la langue utilisée n'accède pas au sens de ce qu'elle transmet.
Qui connaît et pratique plusieurs codes est un polyglotte. Il peut faire interprète.
Très pratique pour les communications courantes.
Observons que ces signes sont non figuratifs, abstraits. Ils ne représentent pas la réalité qu'ils désignent. Quoique la forme des polices ou le son de al voix permettent d'approcher cette réalité : Grogner, murmurer, bourdonner, claquer ... sont évocateurs. L'écriture, gothique ou déliée, également.
- Le langage poétisé
Pour dire plus et mieux que ne le peuvent les mots réduits au sens es dictionnaires, la poésie libère et enrichit. Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, L'espace d'un matin. Exprime la douleur et la compassion d'un ami pour le père qui vient de perdre sa fille bien autrement que les mots des condoléances convenues.
Le comparatif « comme » est souvent utilisé pour accentuer la fonction poétique :
Bête comme une oie, fort comme Artaban[1], solide comme un chêne, joli(e) comme un cœur ... Il existe même un ... comme la lune que la bienséance m'oblige à laisser dans les possibles de mon clavier.
A titre d'exemple, les dialogues culte de certains films constituent souvent des pièces poétiques de à puissance évocatrice remarquable (Cf. entre autres les Tontons flingueurs)
- Les gestes et les mimiques
Ils expriment au-delà des mots et des discours même dopés de poésie ce que l'on veut transmettre. Serrer la main, embrasser, adresser un clin d'œil, un baise-main (devenu rare), ôter son chapeau ... Pour qui mettrait en doute l'efficacité de ce type de langage, je suggère de faire un bras d'honneur à un flic. Je suppute que, quelle que soit sa nationalité, il aura intuité quelques chose !
- Les images
Pieuses ou profanes elles portent des messages. L'impression donnée par une photo est à cet égard lumineuse. L'appréciation de photogénique ou pas le souligne à l'envi.
Le crime de profanation d'une image sainte, d' une icône, en dit aussi très long sur la signification de ces représentations, fussent-elles imaginaires (c'est bien le mot par rapport à la réalité quand Dieu le Père est présenté en vieillard barbu, le Saint Esprit sous forme de colombe, des anges emplumés ... et même des St Michel en jambières et le torse cuirassé).
- Les vêtements
Tributaire des modes ils disent beaucoup sur les personnes qui les portent. Même si l'habit ne fait pas toujours le moine, le moine se distingue, se présente, témoigne de ce qu'il est par sa vêture. Le retour des soutanes et autres cols romains est à ce sujet emblématique. Le symbole prend encore ici le pas sur la réalité tant il est vrai que fort peu de prêtres et de fidèles connaissent l'origine historique de ces saintes vêtures.
- Les objets
Quand des collaborateurs recevaient par la poste un petit colis contenant un cercueil miniature, ils n'avaient pas besoin de notice explicative pour apprendre leur condamnation à mort par la Résistance.
Objets inanimés avez-vous donc une âme ... pourrait s'écrire au pied de souvenirs ou de cadeaux qui nous rappellent des personnes ou des événements importants. La médaille d'une décoration décernée après de rudes combats n'est pas un colifichet quelconque pour celui qui la reçoit.
Plus largement l'ornementation, l'ameublement, le choix des tapisseries d'un appartement parlent même si la variété des goûts et des couleurs distinguent et parfois opposent les interprétations.
Langages et eucharistie
Quand il s'agit de dire le mystère tous les langages sont nécessaires car la réalité à exprimer ne saurait être totalement prise en compte par un seul d'entre eux. Ainsi pour l'amour : au Bonne fête maman, l'enfant ajoute un poème, un dessin, un cadeau ... et il embrasse celle qu'il fête.
Dans le liturgie eucharistique la problématique est comparable. Pour exprimer le mystère du Christ confié à la geste pascale, tous les langages sont mobilisés pour ouvrir les fidèles, dans l'action de grâces, la supplication, la demande, au mystère célébré.
Deux risques excessifs se présentent :
- La réduction à un ou deux types seulement de langages. Le mystère s'en trouve sécularisé. Rien n'est plus décevant qu'une liturgie célébrée à la va-vite et sans dignité aucune.
- La surcharge rituelles qui voit se multiplier flamberges et décorations, riches ornements, proliférer les signes de croix, courbettes et génuflexions. .. Au lieu d'être tremplin vers le mystère le rite devient alors écran. Il arrête le regard et la pensée sur la beauté souvent bien réelle de l'événement au détriment du recueillement et de la communion à la Parole et à la Présence. L'esthétique prend le pas sur la spiritualité.
Qui ne constate de telles dérives lors de messes spectacles où les célébrants harnachés d'ors, enveloppés de lumières et enfumés d'encens, portent à perdre le contact avec l'humilité du pain rompu, geste auquel les disciples d'Emmaus reconnurent leur Seigneur et repris pour nommer l'eucharistie dans l'Église apostolique ?
Une remarque et une question pour clore ce point d'étape
* La remarque.
Il paraît plus que nécessaire de donner à l'assemblée un minimum d'explication sur la signification des rites. On se souviendra à ce propos de ces lignes du Concile de Trente :
... le saint concile ordonne aux pasteurs et à tous ceux qui ont la charge des âmes d'expliquer fréquemment au cours de la célébration des messes, par eux-mêmes ou par d'autres, l'un des textes qui sont lus à la messe et, entre autes, d'éclairer le mystère de ce sacrifice surtout les dimanches et les jours de fête[2].
* La question :
La Présence réelle ?
Notre prochaine rencontre
le 12 juin à 18h30
s'attachera à échanger sur cette question
et à retrouver ce qu'en dit et enseigne l'Église catholique
[1] Pour information : héros purement imaginaire du roman Cléopâtre de La Calprenède.
[2] XXII° session Doctrine sur le Saint Sacrifice de la Messe, chap.8
Homémie de Laurent Balas aux obsèques de Roseline Cabanis
Entrez un sous-titre ici
1er JUIN 2017.
Je vous regarde devant moi, les uns et des autres, amis et familiers, paroissiens d'ici ou d'ailleurs, croyants ou non croyants. Je regarde cette belle église Ste Anne qu'ensemble nous peuplons ce soir. Je vois vos visages amicaux, je sens monter de cette assemblée une bonté tranquille, une tristesse sincère, comme aussi une Espérance profonde, et peut-être même joyeuse. Cette assemblée ressemble à Roselyne, et je ne crois pas me tromper en disant qu'elle est heureuse de nous voir ici réunis ce soir.
De belles choses ont été dites sur ce qu'elle a pu être pour les uns et les autres ; d'autres témoignages suivront, qui diront quelque chose de son bonheur de vivre. Je voudrais pour ma part prendre avec vous quelques instants pour méditer ensemble sur un aspect plus difficile du parcours de Roselyne. Je voudrais dire un mot de l'épreuve de sa maladie.
Je ne me rappelle plus bien comment j'ai appris que Roselyne était sérieusement malade. Mais je me souviens d'un moment exceptionnel que je vous partage. C'était il y cinq ans, vers la fin de l'été, peut-être au tout début du mois d'octobre. Il commençait à faire frais, les feuilles des arbres étaient orange ou rouges, la lumière claire et froide. Roselyne avait été opéré peu avant, c'était une opération grave ; elle avait dû aussi recevoir ces durs traitements chimiques qui l'avaient je crois beaucoup affaiblit. Sa fin semblait proche. Ses enfants lui ont proposé de recevoir le sacrement des malades ; Jean-Christophe m'a invité à le donner avec lui ce soir-là. Je nous revois dans la chambre où Roselyne était alitée ; autour d'elle, Hubert, ses enfants et petits-enfants, ceux qui étaient à Toulouse. Nous étions 7 ou 8 personnes. Nous avons écouté la Parole de Dieu. Jean-Christophe et moi avons imposé les mains, à elle et Hubert, fait les onctions d'huile. Je me rappelle d'un climat de paix profonde, mêlé de tristesse. Nous retenions tous nos larmes. Pour ma part, je disais Adieu à Roselyne, car une semaine plus tard je repartais pour trois ans vers Bamako : j'étais convaincu de ne plus la revoir, ou du moins : plus en ce monde.
Il s'est ensuite produit ce que ce sacrement produit parfois : Roselyne s'est doucement rétablie, de façon presque inexplicable. Elle restait fragile bien sûr, mais elle tenait tête à la maladie, avec une sorte de joyeuse et modeste obstination, et j'ai été étonné de la retrouver trois ans plus tard à mon retour d'Afrique, puis encore deux années plus tard lors de mon arrivée à Toulouse.
Ces derniers mois, après un répit de 5 ans, la maladie est de nouveau passé en phase active. Cette fois, on pouvait voir qu'elle prendrait le dessus, et que ce serai rapide. Jean-Christophe a donné le sacrement des malades à Roselyne le jour de l'Ascension, au milieu des siens, puis le lendemain, je lui ai apporté à nouveau la communion. Elle était maintenant très faible, et sa vie semblait ne plus tenir qu'à un souffle ; il était visible qu'elle souffrait. Elle a pourtant prié attentivement, esquissant le signe de la croix au début et à la fin de ce temps de prière. Sur son visage épuisé se dessinait un faible sourire et ses yeux mi-clos disaient la paix. Dans la chambre de la clinique régnait une atmosphère grave, émue, sereine. Chacun pouvait voir que la fin était proche, j'ai pourtant été frappé par le climat de paix et d'espérance qui habitait chacun. Quelqu'un a dit à mi-voix : « quelle chance nous avons de vivre ces moments dans la foi... ». Deux jours plus tard Roselyne s'éteignait.
Je témoigne de cela en pensant à tous nos malades dans les hôpitaux ; je pense toutes ces personnes qui chaque jour passent la mort, sans doute même au moment où nous parlons. Je pense aussi à chacun de nous, car la souffrance et la mort ne sont pas le lot de quelques-uns : un jour vous et moi aurons aussi à faire le grand passage. Saurons-nous le vivre dans l'Espérance ?
Accompagner une personne au seuil de sa vie est un privilège. Parfois, la personne malade vous fait presque toucher Dieu du doigt. Quand la souffrance se fait trop grande, quand la mort approche, chacun se retrouve dans sa vérité ultime de créature fragile. Devant la mort, beaucoup vivent une terrible solitude existentielle. Le croyant traverse aussi ce moment dans la crainte ou le doute, il n'échappe pas à cette grande épreuve, mais il fait aussi paradoxalement l'expérience qu'il n'est pas seul, et qu'il est aimé. C'est comme si Dieu se rapproche mystérieusement de lui. Dieu n'est jamais loin bien sûr ; en Jésus l'Emmanuel, il est avec nous tous les jours jusqu'à la fin des temps. Dieu est le tout-proche. Mais j'ai pu observer que Dieu est présent d'une manière toute spéciale dans les personnes qui souffrent et celles qui traversent l'épreuve d'une grave maladie. « Aux yeux des hommes, dit le livre de la Sagesse, ils subissaient un châtiment, mais par leur espérance, ils avaient déjà l'immortalité. ».
Cette certitude que Dieu est présent dans la personne souffrante, qu'il l'aime de façon très particulière, nous ne l'inventons pas. Elle n'est pas une spéculation spirituelle. Elle découle de la passion du Christ. Elle découle de sa résurrection. Elle est annoncée dans toute l'Ecriture. « Avec le Christ, dit St Paul aux Galates, je suis fixé à la Croix. Je vis, mais ce n'est plus moi : c'est le Christ qui vit en moi. Ma vie dans la condition humaine, je la vis dans la foi au fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi ». Je suis fixé à la Croix. C'est le Christ qui vit en moi. Quel grand mystère.
Mes chers amis, vivons ces moments dans l'Espérance. Attachons-nous à faire le bien. Efforçons-nous, comme Roselyne, de vivre ce commandement de Jésus entendu dans l'Evangile à l'instant, et qu'elle semble nous donner comme son propre testament : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés, alors vous porterez beaucoup de fruit ! »
Amen !